3ème Frontière

Nous nous étions laissés sur ma journée de repos à Hambourg. Il est temps de vous raconter mon arrivée au Danemark ainsi que la traversée de ce pays dédié au vélo.

Jour 22 : Hambourg – Busdorf 128 km

J’étais vraiment ému une fois de plus de devoir quitter mes hôtes. C’est toujours un mauvais moment à passer, les 30 premières minutes après avoir quitté son petit confort. Ce jour là je n’avais pas vraiment d’hébergement en tête, juste une destination un peu au Sud de la frontière Danoise. La journée s’est très bien passée, la route était facile à suivre donc le temps passait plutôt rapidement. Jusqu’à ce que le ciel commence à se couvrir, je ne suis pas un expert en météorologie mais les nuages ne présageaient rien de bon.

J’ai continué ma route jusqu’à me prendre la plus grosse averse du périple avec de belles rafales de vent. Heureusement mon nouvel imperméable acquis récemment me gardait au sec et au chaud. Je ne savais pas exactement où j’allais dormir mais j’espérais très fortement trouver un endroit bien abrité vu l’orage auquel j’étais confronté. Après environ une heure sous la pluie j’ai commencé à chercher un refuge. Malheureusement comme j’étais dans un coin assez isolé d’Allemagne, personne ne parlait Anglais. Après de multiples tentatives infructueuses j’ai décidé de reprendre ma route vers un aitre village. Je suis alors arrivé à Busdorf, j’ai continué désespérément ma recherche de refuge. J’ai alors vu un couple quitter leur maison dans un petit quartier. Je suis allé à leur rencontre et par chance l’un d’eux me comprennait (enfin !). J’ai commencé par lui demander s’il connaissait un endroit où planter ma tente, il m’a dit ne pas avoir la moindre idée puis il a demandé à sa femme. Je n’ai pas eu besoin de parler Allemand pour comprendre qu’elle m’invitait à planter la tente dans son jardin. C’était vraiment l’endroit parfait, l’endroit était magnifique.

Très vite ils m’ont laissé, j’ai compris qu’ils étaient attendus quelque part. Je me retrouvais donc seul chez de parfaits inconnus que j’avais vu pendant seulement 10min. Ils m’avaient ouvert une petite dépendance pour mettre mes affaires à sécher. Il y avait aussi une arrivée d’eau j’ai donc pu prendre une douche sommaire et laver quelques habits. J’ai pris mon repas assez tôt et j’ai eu l’occasion d’appeler tous mes amis qui s’étaient retrouvés pour fêter les 18 ans de l’un d’entre eux. C’était super, j’avais l’impression d’être encore un peu à la maison. Jusqu’au moment où mon téléphone, qui n’avait plus de batterie, mette fin à la discussion. C’était alors assez difficile, je ressentais pleinement la solitude, mais comme toujours j’ai fini par rebondir. Vers 23h mes hôtes sont rentrés de leur spectacle et ils m’invitaient à venir le lendemain matin prendre le petit déjeuner avec eux !

Jour 23 : Busdorf – Vejens 138 km

Cette journée débutait donc avec un petit déjeuner copieux fort agréable. J’ai eu l’occasion à nouveau de présenter mon projet à des inconnus mais j’ai aussi pu entendre un peu leur histoire. Lui était capitaine de navire et elle restait principalement à la maison. C’est certainement la raison pour laquelle le jardin était si beau. Je les ai quittés sous une petite pluie fine, direction la frontière avec le Danemark. Je suis arrivé rapidement sur Flensburg sans me prendre trop de pluie. Malgré tout le vent rendait ma progression plus difficile que d’habitude. Il y a vraiment une grande différence entre le vent et la pluie. Tant qu’il pleut il suffit de pédaler pour se réchauffer, rester au sec est facile avec un bon imperméable. Avec le vent c’est une tout autre affaire ! J’ai beau pédaler avec toute la détermination du monde, il n’y a rien à faire, je n’avance pas. Il faut même parfois pédaler en descente. C’est difficile pour le mental. Quand on doit faire 140km le mental compte pour beaucoup. Après Flensburg la frontière est vite atteinte.

Mais jamais 2 sans 3, je n’ai toujours pas vu une seule frontière avec un semblant de soleil. La pluie reprend et le vent s’arrête, à mon plus grand bonheur ! En fin de journée c’est le contraire qui est arrivé. Les nuages ont laissé la place au soleil et aux rafales de vent. Qu’elles arrivent de face ou de côté elles sont toujours aussi désagréables. J’ai dû essayer d’accélérer car j’étais attendu chez un nouvel hôte ce soir là. J’ai alors rencontré un autre cyclotouriste sur 10 à 20 km. La route à plusieurs passe bien plus vite, même si l’anglais de ce Danois était plus qu’approximatif. Nous nous sommes quitté et il ne me restait plus que 3 km. Je suis arrivé vers 18h30 chez René qui avait préparé un magnifique plat de lasagnes que mon estomac a accueilli comme il se doit. Les discussions se ressemblent toutes un peu depuis quelques temps mais j’ai toujours plaisir à raconter les anecdotes les plus originales pendant le repas. Je suis allé me coucher assez vite, très fatigué par ma journée.

Jour 24 : Vejens – Funder 108 km

C’est encore un bon petit déjeuner qui m’attend ce matin là. Du pain, du fromage et du bacon, que demander de plus ? Après le repas c’est le moment de se dire au revoir, j’ai l’habitude maintenant et ça ne me dérange plus autant qu’au début. C’est aussi le moment de prendre une photo soivenir avec Alfred !

Comme vous pouvez le voir je commençais cette journée bien couvert vu la pluie qui s’abattait déjà. Autant vous le dire dessuite je n’ai pas vu le soleil de la journée. La route était extraordinairement bien indiquée. Même dans les coins les plus perdus je trouvais toujours un panneau m’indiquant la route à suivre. Au Danemark levélo fait vraiment partie de la culture, je l’avais aussi remarqué en Allemagne mais dans une moindre mesure. Ici les cyclotouristes sont nombreux et les voies cyclables très bien équipées. J’ai passé une bonne partie de l’après midi avec deux jeunes étudiants qui se rendaient dans une maison de vacance dans le Nord. Ils avaient pris le train le matin et commençaient leur periple sous la pluie. Malheureusement des problèmes techniques les ont obligés à s’arrêter et j’ai continué sur ma lancée. En fin de journée la pluie s’est un peu calmée et j’ai pu accéder au shelter qui allait me servir d’abris pour la nuit sans être trop trempé.

Au Danemark le camping sauvage est interdit mais on peut trouver des espaces gratuit où planter la tente, ou (si l’on est plus chanceux) s’abriter avec un toit au dessus de la tête. Mon shelter proposait même de l’eau potable, du grand luxe ! La douche avec de l’eau à 15 degrés a été aussi rapide que possible. Je comptais écrire un article ce soir là mais quand j’ai voulu recharger mon téléphone je me suis rappelé que j’avais oublié mon câble chez René… Pour ne pas perdre plus de batterie je décidais d’éteindre mon téléphone et de passer la soirée à lire.

Jour 25 : Funder – Skørping 124 km

Je ne pourrais dire à quelle heure exactement je me suis réveillé. J’ai déjeuné quelques pâtes qu’il me restait de la veille au soir puis un bol de muesli dans de l’eau chaude. Rien d’excellent mais au moins je n’ai pas eu faim de la matinée. Petite surprise toute aussi agréable que mon muesli, mon téléphone à décidé que 30% de batterie n’étaient pas assez pour le tenir éveillé. Je vais donc devoir passer au moins la matinée sans savoir où je me trouve. Par chance aujourd’hui il fait beau ! Je retourne sur mes traces de la veille pour retrouver la miste cyclable et je me rends vers la grande ville la plus proche, Viborg, c’est sur ma route et j’espère bien y trouver un chargeur. Au final j’ai apprécié de ne pas utiliser mon téléphone pendant cette matinée, non pas que j’y sois constamment mais j’avais pris l’habitude d’allumer l’écran fréquemment pour voir l’heure et ma progression, ce qui ne faisait que me décourager un peu plus quand les choses n’allaient pas. À Viborg j’ai pu acheter un chargeur et alors commencer à prendre de nombreuses photos.

J’ai adoré la fin de cette journée pour les couleurs qui s’offraient à moi. J’ai trouvé un emplacement pour tentes dans la forêt, non loin d’un lac où les baigneurs étaient nombreux. J’en ai profité pour me laver et manger avec une jolie vue. Je suis retourné dans ma tente après le couché du soleil, j’ai essayé de lire mais la fatigue a remporté la bataille.

Jour 26 : Skørping – Frederikshavn 98 km

J’ai rangé mes affaires dès le réveil puis je suis retourné au lac avec tout mon équipement. C’était bien plus pratique que de multiplier les vas et viens entre la tente et le lac. J’ai petit déjeuné le même « délicieux » muesli que la veille et j’ai repris la route. Je savais que je partais pour une petite journée j’ai donc décidé de prendre mon temps. Magnus, qui m’avait contacté sur Facebook m’attendait pour 16h30 à Frederikshavn et je savais que j’allais arriver bien avant si je ne faisais pas quelques pauses sur mon trajet. J’ai donc décidé de m’arrêter lorsque j’ai aperçu pour la première fois la mer Baltique. Rien de bien impressionnant mais tout de même, j’étais fier !

Après quoi j’ai enfourché ma bicyclette direction un bar dans le port de Frederikshavn. Nous avons pas mal discuté autour d’une bière puis après une visite guidée de la ville et un bon repas, Magnus m’a emmené voir la ville depuis une colline non loin de là.

J’ai adoré. Vers 21h30 il a dû me laisser et je me suis rendu au port pour attendre mon ferry qui ne partirait que le lendemain matin à 5h30.

C’est donc la fin de mon récit concernant le Danemark, la suite se passera en Suède et les photos auront une place importante je pense dans ce que j’aurai à vous raconter !

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