Norvège et fin du périple

Suite jour 31 :

Une fois la frontière traversée je m’émerveillais de tout ce que je pouvais voir autour de moi. Je me suis arrêté pour manger au bord d’un fleuve c’était très agréable. Je donnais à manger aux poissons qui me tenaient compagnie.

J’ai trouvé un camping dans la soirée vers Halden, les prix en Norvège étaient très élevés mais à ce moment là je cherchais juste un endroit où passer la nuit sans trop me poser de questions. Une fois l’euphorie de mon arrivée en Norvège terminée je doutais vraiment de l’avenir de mes aventures, je ne savais plus vraiment vers quoi est-ce que je partais le lendemain. Je pensais aussi à de nouvelles aventures à venir, de nouveaux périples, de nouvelles expériences. Je me suis couché assez tôt malgré toutes ces pensées qui m’agitaient, tout en espérant que la pluie ne serait pas de la partie pour la nuit à venir.

Jour 32 : Halden – Svelvik 54km

Je savais que je n’avais plus qu’une cinquantaine de kilomètres à effectuer ce jour là pour arriver chez mon hôte, je n’avais donc pas mis de réveil. J’ai pourtant été réveillé très tôt à cause d’une mouette qui essayait de me voler mon paquet de pâtes… Il devait être environ 5h du matin et je me retrouvais à devoir ramasser mon repas du midi éparpillé sur le sol. J’ai réussi tant bien que mal à me rendormir. Le départ n’a pas été si tardif, à 10h30 j’étais déjà sur mon vélo sous une petite pluie fine. Pendant toute la journée le ciel est resté couvert ce qui ne m’a pas empêché de vite avoir trop chaud.

La route suivie était vraiment agréable, elle longeait l’eau sur une très grande partie et se transformait parfois en portions cyclables sur des gravillons. Je suis arrivé vers 14h chez mon hôte après avoir grimpé la plus longue et la plus raide de toutes les côtes du voyage. J’étais donc très fatigué et la douche cet après midi là était une bénédiction. Nous avons beaucoup discuté avec Arvid et c’était dans un premier temps plutôt sympa. Je devais rester chez lui plusieurs jours avant de rentrer, j’étais donc content que cela se passe bien.

Malheureusement pendant le jour 33 les choses ont commencé à devenir très étranges avec Arvid, j’ai eu un mauvais pressentiment et je décidais de partir le lendemain matin à l’aube.

Jour 34 : Svelvik – Oslo 45km

Cette nuit là j’ai très peu dormi, je ne me sentais vraiment pas bien. J’ai passé la nuit sur mon téléphone et envoyé une dizaine de messages désespérés à de potentiels hôtes sur Oslo. Par chance vers 1h20 du matin Viktor m’a répondu, il m’avait envoyé un message quelques jours plus tôt sur les réseaux sociaux pour me féliciter de m’être lancé dans un tel projet. J’avais donc rendez-vous chez lui le lendemain dans l’après midi. Je n’étais vraiment pas d’humeur à rouler toute la journée, j’étais fatigué et je me sentais toujours un peu mal. J’ai donc décidé de prendre un train qui m’a déposé en plein centre d’Oslo. De là je me suis rendu à la première adresse que m’avait donné Viktor pendant la nuit mais il ne pouvait finalement pas m’héberger car sa résidence étudiante lui interdisait d’héberger des étrangers. Il m’a donc reçu chez l’un de ses amis, Thomas, qui accueillait déjà chez lui un couchsurfer Australien. Viktor et Thomas m’ont proposé d’aller à un lac proche de la ville et j’étais vraiment super content de la tournure que prenaient les événements récents.

Nous sommes rentré vers 19h30 et j’ai rencontré Sean, l’Australien qui était en ville lors de mon arrivée. J’étais tellement content de pouvoir discuter avec lui, Viktor, Thomas et leurs amis étaient un peu spéciaux mais Sean était « normal » ce qui me permettait un peu de me remettre de ma dernière rencontre peu appréciable au final. Nous avons mangé des boulettes de viande Norvégiennes cuisinées par Thomas, elles étaient excellentes.

Jour 35 et 36 : Repos Oslo

Je me suis levé vers 11h après avoir passé la nuit sur le canapé de cette personne que je ne connaissais au final presque pas. J’ai passé une grande partie de la journée avec Sean c’était super.

Un peu plus tard nous avons retrouvé un peu plus tard Thomas et Viktor autour d’un barbecue sur les rives du lac où nous étions allé la veille.

C’était à nouveau un super repas que j’étais très content de partager avec de telles personnes. Nous avons passé une excellente soirée dont j’ai eu du mal à me remettre le lendemain. Heureusement je ne comptais pas pédaler ce jour là. Nous sommes retourné en ville dans l’après midi avec Sean avant de rentrer pour le dîner. Mes deux trois jours sur Oslo ont été formidables et ils ont au final très bien clôturé la première partie de mon voyage. Pourquoi première partie ? Parceque le retour était presque un voyage en soi !

D’un monde à l’autre

La nuit avant de prendre le ferry a été assez mouvementée mais je ne donnerai pas tous les détails ici, il faut bien que je garde quelques anecdotes à raconter de vive voix !

Jour 27 et 28 : Repos sur Goteborg

Mon ferry partait à 5h45, je suis arrivé dans les premiers pour le check-in et très vite je me suis retrouvé encerclé par des voitures, camions et camping-car. C’était étrange, j’avais l’impression de rentrer dans la cours des grands, j’étais fier avec mon vélo ! Dès mon entrée dans le ferry, vers 5h30, le restaurant a ouvert ses portes pour un buffet petit-déjeuner à volonté. Mon dernier repas ayant été pris la veille à 17h30 j’étais le plus heureux des hommes. J’ai profité du buffet jusqu’à 8 heures tout en rédigeant l’article sur l’Allemagne (Je suis actuellement dans le ferry sur le chemin du retour et le scénario est à peu près le même). J’ai fini mon festin et c’est à ce moment que j’ai réalisé, la Suède était là, elle me tendait les bras. On pouvait apercevoir les premières îles et une partie de la côte, c’était tout simplement magique.J’avais l’impression de tricher un peu en prenant le ferry mais j’avais aussi le sentiment de mériter pleinement mon arrivée en Suède après les 2700km de traversée en Europe. Mon arrivée en Scandinavie avait vraiment une signification forte pour moi, j’avais l’impression de paser d’un monde à l’autre. Jusqu’au Danemark les paysages avaient changés progressivement mais là le changement était bien différent. Je passais d’un monde concret qui ne m’importait pas tant que ça au monde rêvé et fantasmé de la Scandinavie. Je suis descendu du ferry à 9h15, je n’avais aucune idée des activités à faire dans la ville et mon hôte ne pouvait me recevoir qu’à 13h30 j’avais donc 4h devant moi. J’ai décidé de chercher un musée mais ils n’ouvraient qu’à 10 ou 11h. Je me suis donc arrêté dans un parc où j’ai lu un de mes livres imposés pour mes études l’année prochaine.Mais très vite je me suis rendu compte que je tournais les pages sans vraiment chercher à comprendre, j’ai donc abandonne cette activité et je me suis parti en direction du premier musée qui m’avait l’air intéressant. J’ai attendu devant celui-ci pendant 45min sans faire grand chose, je n’étais même pas sur mon téléphone, j’étais juste en train d’attendre, assis à observer le monde autour de moi. C’est une chose que j’aurais été invapable de faire un mois plus tôt mais à force de s’ennuyer 6 heures par jour sur son vélo on apprend à s’occuper l’esprit avec peu de choses. Ces 45min sont donc passées plutôt vite. Le musée valait vraiment le coup, d’autant plus qu’il était gratuit pour les moins de 25 ans. Il y avait une exposition appelée Ocean Plastic qui m’a particulièrement intéressé. Je n’ai vraiment pas l’habitude d’aller dans des musées de Design où l’on retrouve quantité d’objects du quotidien, c’était donc une belle découverte.J’ai ensuite mangé un petit peu avant de retrouver mon hôte. Tout un tas de petits évènements se sont enchainés et globalement mon séjour sur Goteborg s’est très bien passé, je suis resté un jour de plus pour recharger mes batteries et ça m’a fait le plus grand bien. Je vous conseille vraiment d’aller faire un tour dans cette ville si jamais vous vous rendez en Suède.

Jour 29 : Goteborg – Uddevalla 122 km

Puis est venu le moment de quitter à nouveau mon petit confort. J’ai essayer de suivre l’eurovelo 3 comme au Danemark mais la Suède n’est pas aussi avancee question vélo, après une heure d’avancée plutôt hésitante avec des arrêts à chaque carrefour pour savoir quelle direction prendre j’ai décidé de simplement suivre mon gps jusqu’à la plus grande ville traversée par la voie cyclable. Sur la route je suis vraiment passé par des endroits superbes et les paysages que j’ai traversé ne m’ont pas laissé insensible. Je me suis arrêté à plusieurs reprises pour me baigner, c’était juste un rêve.J’ai profité de ma dernière baignade à Uddevalla, avant de me diriger vers un lac à 8km du centre ville. Sur ma route j’ai croisé un cycliste qui avait apparemment un problème avec ses freins. Je me suis arrêté pour lui demander s’il avait besoin d’aide et tout naturellement nous avons commencé à discuter, de mon projet, de la vie, de tout et de rien. Après 20min un autre cycliste est arrivé, c’était un étudiant sur Oslo. Il avait fait 220km en dormant à peine 3 heures et il avait comme seul bagage un petit sac et un matelas. Nous sommes resté là au milieu de la piste cyclable à discuter, c’était vraiment une recontre inattendue, d’autant plus qu’aucun d’entre nous n’était familier avec ce genre de rencontres. L’étudiant est parti direction Goteborg et j’ai repris la route vers le lac en suivant André qui prenait la même direction. Il a fini par m’inviter chez lui et j’ai passé une incroyable soirée avec lui et sa femme autour d’une bonne pizza faite maison. Vers 22h nous sommes parti à la recherche du lac mais avec la nuit tombée c’était mission impossible étant donne la quantité de végétation. André m’a donc proposé de dormir chez eux.

Jour 30 : Uddevalla – Strömstad 114 km

J’ai donc aussi profité d’un bln petit déjeuner en leur compagnie avant de reprendre la route sur la côte ouest Suédoise. Ils m’ont indiqué des villages de pêcheurs à ne pas rater bien que très touristiques. J’ai donc suivi leurs conseil et je décidais d’inclure dans mon itinéraire le village de Grebbestad.C’était une journé parfaite une fois de plus, les paysages de cartes postales étaient au rendez-vous. Je m’arrêtais sans arrêt pour prendre de nouvelles photos, pour garder un maximum de souvenirs de ces journées de rêve. J’ai continué pa route pour arriver non loin du lac où j’avais prévu de planter la tente pour la nuit. J’ai dû traverser un terrain de golf pour apercevoir le lac qui était en fait totalement inaccessible.Je me suis haï de ne pas avoir vérifié le plan satellite pour voir si la rive était vraiment accessible. Mais si j’avais fait une telle chose je n’aurai certainement pas vu le golf, ce qui était pourtant un moment assez divertissant. Je me suis alors dirigé vers un second lac où la route semblait cette fois ci presque toucher l’eau. Ça ne voulait pas dire que je trouverais un endroit où planter la tente mais j’ai tenté ma chance . Et j’ai bien fait ! Je suis passé en plein milieu de la forêt sur des chemins de terre puis je suis arrivé au niveau d’un lac qui m’avait l’air assez connu par les locaux pour aller faire du camping sauvage. J’ai trouvé un très bon point proche de l’eau et je m’y suis installé pour la nuit.

Jour 31 : Strömstad – Halden 83 km

J’avais reçu un message la veille au matin d’un hôte sur couchsurfing qui m’invitait chez lui dans un petit village qui m’avait l’air vraiment sympa. C’était l’occasion parfaite pour moi étant donné que je déteste en général rentrer dans les grandes villes avec mon vélo, il aurait été dommage de terminer mon périple sur cette note là. Je quittais donc le lac où je m’étais installé pour me rendre en Norvège. Le village de Svelvik étant assez éloigné je décidais de m’y rendre en deux étapes. Il ne m’a fallu qu’une vingtaine de kilomètres pour atteindre la frontière Norvégienne, c’était incroyable. J’y suis resté pendant 10 minutes en réalisant à peine ce que je venais d’accomplir. Ça y est je pouvais dire que je suis allé en Norvège en vélo ! En plus de ça le paysage était magnifique.

3ème Frontière

Nous nous étions laissés sur ma journée de repos à Hambourg. Il est temps de vous raconter mon arrivée au Danemark ainsi que la traversée de ce pays dédié au vélo.

Jour 22 : Hambourg – Busdorf 128 km

J’étais vraiment ému une fois de plus de devoir quitter mes hôtes. C’est toujours un mauvais moment à passer, les 30 premières minutes après avoir quitté son petit confort. Ce jour là je n’avais pas vraiment d’hébergement en tête, juste une destination un peu au Sud de la frontière Danoise. La journée s’est très bien passée, la route était facile à suivre donc le temps passait plutôt rapidement. Jusqu’à ce que le ciel commence à se couvrir, je ne suis pas un expert en météorologie mais les nuages ne présageaient rien de bon.

J’ai continué ma route jusqu’à me prendre la plus grosse averse du périple avec de belles rafales de vent. Heureusement mon nouvel imperméable acquis récemment me gardait au sec et au chaud. Je ne savais pas exactement où j’allais dormir mais j’espérais très fortement trouver un endroit bien abrité vu l’orage auquel j’étais confronté. Après environ une heure sous la pluie j’ai commencé à chercher un refuge. Malheureusement comme j’étais dans un coin assez isolé d’Allemagne, personne ne parlait Anglais. Après de multiples tentatives infructueuses j’ai décidé de reprendre ma route vers un aitre village. Je suis alors arrivé à Busdorf, j’ai continué désespérément ma recherche de refuge. J’ai alors vu un couple quitter leur maison dans un petit quartier. Je suis allé à leur rencontre et par chance l’un d’eux me comprennait (enfin !). J’ai commencé par lui demander s’il connaissait un endroit où planter ma tente, il m’a dit ne pas avoir la moindre idée puis il a demandé à sa femme. Je n’ai pas eu besoin de parler Allemand pour comprendre qu’elle m’invitait à planter la tente dans son jardin. C’était vraiment l’endroit parfait, l’endroit était magnifique.

Très vite ils m’ont laissé, j’ai compris qu’ils étaient attendus quelque part. Je me retrouvais donc seul chez de parfaits inconnus que j’avais vu pendant seulement 10min. Ils m’avaient ouvert une petite dépendance pour mettre mes affaires à sécher. Il y avait aussi une arrivée d’eau j’ai donc pu prendre une douche sommaire et laver quelques habits. J’ai pris mon repas assez tôt et j’ai eu l’occasion d’appeler tous mes amis qui s’étaient retrouvés pour fêter les 18 ans de l’un d’entre eux. C’était super, j’avais l’impression d’être encore un peu à la maison. Jusqu’au moment où mon téléphone, qui n’avait plus de batterie, mette fin à la discussion. C’était alors assez difficile, je ressentais pleinement la solitude, mais comme toujours j’ai fini par rebondir. Vers 23h mes hôtes sont rentrés de leur spectacle et ils m’invitaient à venir le lendemain matin prendre le petit déjeuner avec eux !

Jour 23 : Busdorf – Vejens 138 km

Cette journée débutait donc avec un petit déjeuner copieux fort agréable. J’ai eu l’occasion à nouveau de présenter mon projet à des inconnus mais j’ai aussi pu entendre un peu leur histoire. Lui était capitaine de navire et elle restait principalement à la maison. C’est certainement la raison pour laquelle le jardin était si beau. Je les ai quittés sous une petite pluie fine, direction la frontière avec le Danemark. Je suis arrivé rapidement sur Flensburg sans me prendre trop de pluie. Malgré tout le vent rendait ma progression plus difficile que d’habitude. Il y a vraiment une grande différence entre le vent et la pluie. Tant qu’il pleut il suffit de pédaler pour se réchauffer, rester au sec est facile avec un bon imperméable. Avec le vent c’est une tout autre affaire ! J’ai beau pédaler avec toute la détermination du monde, il n’y a rien à faire, je n’avance pas. Il faut même parfois pédaler en descente. C’est difficile pour le mental. Quand on doit faire 140km le mental compte pour beaucoup. Après Flensburg la frontière est vite atteinte.

Mais jamais 2 sans 3, je n’ai toujours pas vu une seule frontière avec un semblant de soleil. La pluie reprend et le vent s’arrête, à mon plus grand bonheur ! En fin de journée c’est le contraire qui est arrivé. Les nuages ont laissé la place au soleil et aux rafales de vent. Qu’elles arrivent de face ou de côté elles sont toujours aussi désagréables. J’ai dû essayer d’accélérer car j’étais attendu chez un nouvel hôte ce soir là. J’ai alors rencontré un autre cyclotouriste sur 10 à 20 km. La route à plusieurs passe bien plus vite, même si l’anglais de ce Danois était plus qu’approximatif. Nous nous sommes quitté et il ne me restait plus que 3 km. Je suis arrivé vers 18h30 chez René qui avait préparé un magnifique plat de lasagnes que mon estomac a accueilli comme il se doit. Les discussions se ressemblent toutes un peu depuis quelques temps mais j’ai toujours plaisir à raconter les anecdotes les plus originales pendant le repas. Je suis allé me coucher assez vite, très fatigué par ma journée.

Jour 24 : Vejens – Funder 108 km

C’est encore un bon petit déjeuner qui m’attend ce matin là. Du pain, du fromage et du bacon, que demander de plus ? Après le repas c’est le moment de se dire au revoir, j’ai l’habitude maintenant et ça ne me dérange plus autant qu’au début. C’est aussi le moment de prendre une photo soivenir avec Alfred !

Comme vous pouvez le voir je commençais cette journée bien couvert vu la pluie qui s’abattait déjà. Autant vous le dire dessuite je n’ai pas vu le soleil de la journée. La route était extraordinairement bien indiquée. Même dans les coins les plus perdus je trouvais toujours un panneau m’indiquant la route à suivre. Au Danemark levélo fait vraiment partie de la culture, je l’avais aussi remarqué en Allemagne mais dans une moindre mesure. Ici les cyclotouristes sont nombreux et les voies cyclables très bien équipées. J’ai passé une bonne partie de l’après midi avec deux jeunes étudiants qui se rendaient dans une maison de vacance dans le Nord. Ils avaient pris le train le matin et commençaient leur periple sous la pluie. Malheureusement des problèmes techniques les ont obligés à s’arrêter et j’ai continué sur ma lancée. En fin de journée la pluie s’est un peu calmée et j’ai pu accéder au shelter qui allait me servir d’abris pour la nuit sans être trop trempé.

Au Danemark le camping sauvage est interdit mais on peut trouver des espaces gratuit où planter la tente, ou (si l’on est plus chanceux) s’abriter avec un toit au dessus de la tête. Mon shelter proposait même de l’eau potable, du grand luxe ! La douche avec de l’eau à 15 degrés a été aussi rapide que possible. Je comptais écrire un article ce soir là mais quand j’ai voulu recharger mon téléphone je me suis rappelé que j’avais oublié mon câble chez René… Pour ne pas perdre plus de batterie je décidais d’éteindre mon téléphone et de passer la soirée à lire.

Jour 25 : Funder – Skørping 124 km

Je ne pourrais dire à quelle heure exactement je me suis réveillé. J’ai déjeuné quelques pâtes qu’il me restait de la veille au soir puis un bol de muesli dans de l’eau chaude. Rien d’excellent mais au moins je n’ai pas eu faim de la matinée. Petite surprise toute aussi agréable que mon muesli, mon téléphone à décidé que 30% de batterie n’étaient pas assez pour le tenir éveillé. Je vais donc devoir passer au moins la matinée sans savoir où je me trouve. Par chance aujourd’hui il fait beau ! Je retourne sur mes traces de la veille pour retrouver la miste cyclable et je me rends vers la grande ville la plus proche, Viborg, c’est sur ma route et j’espère bien y trouver un chargeur. Au final j’ai apprécié de ne pas utiliser mon téléphone pendant cette matinée, non pas que j’y sois constamment mais j’avais pris l’habitude d’allumer l’écran fréquemment pour voir l’heure et ma progression, ce qui ne faisait que me décourager un peu plus quand les choses n’allaient pas. À Viborg j’ai pu acheter un chargeur et alors commencer à prendre de nombreuses photos.

J’ai adoré la fin de cette journée pour les couleurs qui s’offraient à moi. J’ai trouvé un emplacement pour tentes dans la forêt, non loin d’un lac où les baigneurs étaient nombreux. J’en ai profité pour me laver et manger avec une jolie vue. Je suis retourné dans ma tente après le couché du soleil, j’ai essayé de lire mais la fatigue a remporté la bataille.

Jour 26 : Skørping – Frederikshavn 98 km

J’ai rangé mes affaires dès le réveil puis je suis retourné au lac avec tout mon équipement. C’était bien plus pratique que de multiplier les vas et viens entre la tente et le lac. J’ai petit déjeuné le même « délicieux » muesli que la veille et j’ai repris la route. Je savais que je partais pour une petite journée j’ai donc décidé de prendre mon temps. Magnus, qui m’avait contacté sur Facebook m’attendait pour 16h30 à Frederikshavn et je savais que j’allais arriver bien avant si je ne faisais pas quelques pauses sur mon trajet. J’ai donc décidé de m’arrêter lorsque j’ai aperçu pour la première fois la mer Baltique. Rien de bien impressionnant mais tout de même, j’étais fier !

Après quoi j’ai enfourché ma bicyclette direction un bar dans le port de Frederikshavn. Nous avons pas mal discuté autour d’une bière puis après une visite guidée de la ville et un bon repas, Magnus m’a emmené voir la ville depuis une colline non loin de là.

J’ai adoré. Vers 21h30 il a dû me laisser et je me suis rendu au port pour attendre mon ferry qui ne partirait que le lendemain matin à 5h30.

C’est donc la fin de mon récit concernant le Danemark, la suite se passera en Suède et les photos auront une place importante je pense dans ce que j’aurai à vous raconter !

Hambourg

C’est pour moi le premier véritable jour de pause. Jusque là j’ai fait du vélo tous les jours excepté deux journées, l’une sur Paris où j’ai visité et beaucoup marché, l’autre sur Bad Essen cloué au lit. Il me fallait donc vraiment prendre un peu de temps pour moi. Béatrice et Helmut ont été les hôtes parfait pour ça. J’avais tout le deuxième étage de leur maison pour moi. Quand je suis arrivé le premier soir ils avaient déjà mangé mais ils m’ont proposé quantité de choses que je ne pouvais pas refuser. J’ai pu très bien manger tout en faisant la connaissance de mes hôtes. Béatrice était Française, et travaillait comme infirmière. Elle prenait tout juste sa retraite quand je suis arrivé. Helmut quand à lui était Autrichien et jouait de l’alto dans l’orchestre symphonique d’Hambourg. Le quartier dans lequel ils vivaient était très calme et leur maison cachait un grand jardin où poussaient quantité de groseilles à la plus grande fierté d’Helmut qui a insisté pour que j’aille les goûter. La discussion était toujours animé et même si je parlais à nouveau de mon projet, comme avec tous mes hôtes précédent, cette fois-ci c’était bien plus agréable. Leurs questions étaient très différentes et Helmut avec son esprit d’artiste épanoui répondait toujours en français avec un petit sourire en coin, toujours en train de rigoler. Je suis allé me coucher assez tôt et le lendemain matin j’avais à nouveau le droit à un superbe repas. Après quoi Helmut m’a montré le chemin que je pouvais prendre pour me rendre au centre d’Hambourg. C’était vraiment un chemin sympathique, sur les rives de la wandse une petite rivière bordée de végétation. Je n’ai pas pris de photos ce jour la mais ce n’est pas pour autant que je n’ai pas profité. Je me suis rendu à la gare pour acheter mes billets de train pour le retour et j’ai profité de ma sortie pour manger un bon repas en ville. À mon retour Béatrice préparait son pot de départ à la retraite je l’ai aidée puis je suis allé écrire quelques cartes postales dans ma chambre. À l’arrivée de ses premiers collègues je suis redescendu pour leur dire bonjour, je suis resté une ou deux heures à discuter avec les anglophones mais tant de rencontres en si peu de temps j’avais du mal à savoir ce que j’avais déjà dit et à qui. Le buffet proposé était plein de plats français et je me sentais un peu comme à la maison. J’ai fini par retourner écrire mes dernières cartes. Quand j’ai dû les quitter le lendemain matin j’étais assez triste mais je savais que de nouvelles rencontres m’attendaient alors j’ai repris la route comme je le fais toujours !

Et l’Allemagne, c’était joli ?

Je vous ai quitté en Belgique alors que je suis presque à la fin de ma traversée du Danemark. J’ai donc pas mal de choses à vous raconter !

Jour 14 : Choyet – Aachen 108 km

Mon départ de Choyet n’avait rien de spécial. Juste un départ habituel où je perds mon temps à m’éparpiller, ranger une chaussette, puis aller laver ma cuillère, commencer à plier la tente, remplir une seule des deux gourdes… J’ai l’habitude maintenant et je sais qu’il n’y a rien à faire, il me faut simplement continuer jusqu’à ce que tout soit chargé sur le vélo. Puis c’est parti pour une nouvelle journée. Tout a très bien commencé, quelques côtes pour se mettre en jambe mais rien de bien difficile. Puis petit à petit les nuages ont commencés à couvrir le ciel et très vite les premières gouttes de pluies ont vu le jour. J’ai donc traversé la frontière franco-allemande sous la pluie et je n’ai pas vraiment pu profiter des paysages qui avaient l’air de vouloir se dessiner. Je suis donc arrivé à Aix-la-Chapelle (Aachen en Allemand) totalement trempé. Là-bas j’ai été accueilli par Luisa qui immédiatement après mon arrivée devait aller au sport. Elle avait un léger accent Allemand mais parlait excellemment bien le Français. J’ai donc fait la connaissance d’un de ses collocataires pendant son absence. Lui ne parlait qu’anglais mais il était assez facile de se comprendre. On s’est vite entendu et il m’a proposé d’aller à une soirée étudiante avec lui. J’ai passé une excellente soirée où j’ai à nouveau rencontré du beau monde. Mais j’ai payé cette sortie assez cher dans les jours qui arrivent.

Jour 15 : Aachen – Koln 87 km

Malgré toute ma bonne volonté et mon envie d’aller toujours plus loin j’ai dû me résigner à ne faire qu’un court trajet ce jour là pour ne pas trop accroître ma fatigue. J’ai donc décidé de me rendre jusqu’à Cologne à seulement 90 km d’Aix la Chapelle. La journée a été extrêmement rapide et je n’ai rien de spécial à détailler. J’ai détesté traverser la ville. On ne se sent vraiment pas à sa place avec un vélo aussi chargé en plein milieu de la foule.J’ai donc quitté le centre ville au plus vite direction la banlieu et son camping sur les berges du Rhin. C’était l’emplacement parfait, j’ai à nouveau « fraudé » le camping mais cette fois-ci par manque d’informations (je n’arrivais même pas à trouver d’accueil). J’ai eu le temps de prendre quelques photos d’un joli coucher de soleil puis c’était à mon tour de me glisser dans mon duvet.

Jour 16 : Koln – Soest 132 km

La veille au soir, Luisa, que j’avais l’impression d’avoir un peu délaissé lors de ma nuit chez elle, m’a envoyé un message me disant qu’elle m’accueillait si je le souhaitais chez ses parents à Soest le temps d’une nuit. C’était justement sur ma route et l’emplacement de la ville me permettait de planifier les 3 étapes suivantes. J’ai donc accepté très rapidement sa proposition. J’ai traversé le Rhin, jeté un dernier coup d’oeil à Cologne et commencé une nouvelle journée de vélo. Une autre…C’était le 14 Juillet mais c’était surtout pour moi un Dimanche en Allemagne et là-bas presque tous les commerces sont fermés. J’ai quand même trouvé une boulangerie ouverte. J’ai pu m’acheter de quoi compléter mon maigre petit-déjeuner (un muesli lyophilisé) et de quoi manger pour le midi. La journée a été assez longue jusqu’à Soest mais comme toujours j’en suis venu a bout. Je suis arrivé un peu avant 19h. Seul le père de Luisa était là, par chance il parlait Français, j’ai ensuite passé la soirée avec lui et sa femme, Luisa n’arrivant que tard dans la soirée. Malgré la barrière de la langue nous avons réussi à pas mal échanger et c’était agréable. Je suis allé me coucher mais avant de dormir j’ai commencé à réfléchi au retour et à l’organisation de celui-ci. Inutile de dire que je me suis fait de nombreuses frayeurs en voyant toutes les clauses qui régissent l’embarquement de vélos. Avec toutes ces réflexions je me suis à nouveau couché plus tard que raisonnable.

Jour 17 : Soest – Bad Essen 98 km

La mère de Luisa, travaillant pour un journal local, souhaitait faire un article sur mon projet. J’étais vraiment super content de répondre à ses questions et de pouvoir présenter tous les objectifs de ce voyage. Il fallait donc pour cette article que je prenne une photo avec mon vélo dans un endroit connu de Soest pour attester de ma présence en ville. J’ai donc eu l’occasion de voir une grande partie de la ville avec Luisa comme guide.J’ai dû m’y reprendre de nombreuses fois avant de comprendre la pose qui m’était demandé. Et je ne suis toujours pas sûr d’avoir compris d’ailleurs. Toujours est-il que ce fût un superbe moment de partage où je me suis senti un peu au sein d’une famille. Je commençais à rentrer dans une zone de confort. Mais comme toujours ça ne dure rarement plus de quelques heures et il faut toujours que je parte. C’est d’ailleurs aussi bien comme ça car une fois bien installé dans sa zone de confort le départ est d’autant plus difficile. Je n’avais que 100 km à faire ce jour là et j’étais content de prendre la route. Avec le ciel couvert depuis mon arrivée en Allemagne le froid commençait à devenir un problème, d’autant plus que j’avais perdu ma veste de cycliste la veille. J’ai fini par arriver au camping qui s’est avéré être une sorte d’aire pour colonies de vacances. Le terrain était immense, un feu de camp était possible et j’en ai profité.J’ai senti que quelque chose n’allait pas vraiment mais je me suis forcé à manger et je me suis couché au plus vite. J’ai laissé la vaisselle de côté me disant que ça pouvait attendre le lendemain. J’ai senti la fatigue s’abattre sur moi et je me suis allongé mais le sommeil ne venait pas. S’en est suivi l’une des pires nuit de ma vie, ces nuits où l’on se sent totalement misérable. Je vous avais bien dit que j’allais finir par payer mes nuits trop courtes et le manque de récupération…

Jour 18 : Repos forcé

Contraint et forcé, je suis resté au lit toute la journée, aux petits soin du jardinier et de sa femme. Lui m’a emmené voir un médecin (Première utilisation d’un véhicule motorisé) et elle m’a nourri avec un bouillon de légumes puis de pâtes qui étaient pour moi des mets exceptionnels en ce moment plutôt difficile. Je ne les remercierai jamais assez, c’était vraiment une rencontre inespérée.

Jour 19 : Bad Essen – Brême 113 km

Malgré tout, il n’était pas question pour moi de prendre un jour de retard supplémentaire. Ça me paraissait être un jour de retard ce jour là, mais je me suis rendu compte plus tard que se reposer ne me retardait pas et était même assez important. Tout s’est très bien passé ce jour là puisque les 24h ou presque de sommeil m’avaient remis sur pieds. Je devais me rendre à Brême chez Jule qui avait accepté de me recevoir chez elle pour la nuit malgré la présence d’une autre Couchsurfeuse chez elle. Une fois de plus j’ai monopolisé la parole pendant 45min pour parler de mon projet et répondre aux nombreuses questions (Souvent les mêmes d’un hôte à l’autre). Les filles préparaient des burgers végétariens quand je suis arrivé et c’était vraiment bon. On a passé un bon moment sur le balcon à discuter. Une fois le repas terminé chacune a décidé de se rendre en ville. De mon côté j’ai préféré rester chez Jule pour me coucher tôt. Pour ne pas répéter mes erreurs c’était décidé : je dormirais désormais de 22h à 8h pour les prochains jours afin de rester en forme. J’aurais voulu prendre le temps d’écrire un article ce soir là mais avec la présence du wifi j’ai préféré regarder un bout de film pour ne pas trop avoir à réfléchir. J’ai reçu ce jour là une photo de l’article dans le journal de Soest, j’étais fier comme un paon !

Jour 20 : Brême – Hambourg 128 km

Je n’ai fait qu’un passage rapide dans Brême donc non, je n’ai pas vu les fameux musiciens. J’ai pu voir quelques places et la ville m’avait l’air plutôt agréable malgré mon passage éclair.La route jusqu’à Hambourg s’est faite sans problème. Parmi mes résolutions pour avoir un repos de qualité je me permettais une petite sieste de 20min que j’aurais dû prendre depuis le début du périple. Sur 6h de vélo on en est rarement à 20min près. Ce jour là pourtant j’étais un peu pressé car Béatrice, qui devait m’accueillir, était très occupé à préparer le pot de retraite. Je ne voulais donc pas arriver en retard sur l’horaire prévue. J’avais cependant une obligation, passer d’abord par le Décathlon le plus proche pour m’acheter une veste imperméable et coupe vent. J’en ai aussi profité pour refaire le plein de quelques repas lyophilisés. J’ai aussi pris le temps de prendre une ou deux photos dans une ville au charme atypique.Je suis arrivé chez Béatrice totalement désolé d’être 45min en retard mais son sourire lorsqu’elle a ouvert la porte m’a immédiatement rassuré.Mon séjour chez Béatrice et Helmut mériterait un article à lui seul mais puisque le ferry est sur le point d’arriver en Suède je vous raconterai la suite plus tard !

Un voyage, Des rencontres

Voici la suite de mes aventures, j’espère qu’elle vous plaira !

Jour 11 : Paris – Noyon 133 km

Après une magnifique journée de repos dans un monde qui n’était pas vraiment le mien, il a fallu reprendre la route. Ça a été et de loin le jour le plus éprouvant mentalement. Je suis parti assez tôt dans la matinée en essayant de ne rien oublier. Les départs sont toujours difficiles mais cette fois c’était pire. Je suis parti sans but réel vers le Nord en suivant tant bien que mal le tracé de la Scandibérique. La sortie de Paris s’est faite très facilement contrairement à ce que je m’imaginais, longer le canal de l’Ourcq était une belle expérience. Malgré le cadre superbe je n’avais vraiment pas la tête à pédaler ce jour là. J’arrivais à peine à comprendre pour quoi je m’étais engagé dans cette aventure. Mais après environ 80km j’ai croisé deux transporteurs, qui en me voyant monter une côte assez raide m’ont encouragé avec de grands signes plutôt comiques. Ça m’a suffit pour reprendre un peu d’espoir et continuer mon périple. En début de soirée je quittais la ville de Noyon et je ne savais toujours pas où j’allais bien pouvoir dormir. J’étais totalement désespéré et les 130 km dans les jambes ne m’aidaient pas trop à prendre de bonnes décisions. Je me persuadais que dans quelques centaines de mètres je trouverai enfin le spot parfait. Au final, je n’étais pas loin de la vérité même si j’étais loin d’imaginer ce qui m’attendait. J’étais pourtant sorti de la ville de Noyon mais en prenant une petite route perpendiculaire j’y rentrai à nouveau. Un peu perdu je me suis mis en quête d’un lieu où dormir. La première personne que j’ai rencontré ne m’inspirait pas beaucoup et la seule chose qu’elle pouvait me proposer était un champ sans accès à une quelconque source d’eau. J’ai attendu qu’il s’éloigne puis me suis engagé sur une autre route. Là j’ai d’abord rencontré un chien, puis sa maîtresse qui l’appelait. Je me suis dit qu’il fallait que je tente le tout pour le tout. J’ai osé lui demander si elle pouvait m’héberger et c’est la chose la plus sensée que j’ai faite pendant cette journée. Par une pure coïncidence son gîte avait été quitté récemment par ses locataires. Il n’y avait donc personne pour la soirée et elle m’a donc laissé m’y installer. Mais ce n’est pas tout, j’ai ensuite eu plusieurs discussions avec cette dame, Josée Rolland, qui s’est trouvée être une magnifique personne. J’avais de quoi manger mais elle m’a proposé une quantité de produits frais que je ne pouvais refuser. Nous avons aussi eu plusieurs discussion sur l’environnement et elle m’a redonné foi en mon projet. C’était la rencontre dont j’avais besoin à ce moment là.

Jour 12 : Noyon – Mons 136 km

Après une discussion à nouveau très intéressante et enrichissante j’ai malheureusement dû quitter le gîte de « La petite maison » sur Noyon, pour me rendre à Mons où l’on m’attendait. Dès mon départ, après une dizaine de kilomètres je rencontrais Daniel un cycliste avec qui j’ai pu échanger quelques mots brefs mais sympathiques. Cette journée commençait merveilleusement bien ! La route pour Mons était assez fatiguante physiquement mais l’idée de passer ma première nuit en Belgique et de franchir ma première frontière me poussait à continuer. Je devais dormir chez l’amie d’une amie, mais celle-ci n’étant pas chez elle, seul son père était là pour m’accueillir. Je ne savais rien sur lui sauf qu’il était apparemment « trop trop cool ». Je me rendais donc à nouveau vers une rencontre avec l’inconnu. Et quelle rencontre ! Thierry était ingénieur et les discussions ont dessuite été très intéressantes. Sa maison que l’on peut qualifier d’énorme chantier ou de superbe projet était un paradis. Il y avait tout aménagé de sorte à ce que le bâtiment soit presque autosuffisant. Nous avons passé toute la soirée à discuter de voyages, de sciences, d’ouverture d’esprit et c’était formidable. J’ai aussi eu le droit à ma première bière Belge en Belgique et c’était bien agréable.

Il m’a aidé à fixer mon garde-boue, qui avait perdu deux vis sur les dernières étapes, puis je suis allé me coucher.

Jour 13 : Mons – Choyet 137 km

Je suis parti assez tard ce matin là, j’étais très indécis et je n’avais à nouveau pas envie de quitter ce petit confort dans lequel je m’étais installé. Après un premier départ j’ai dû faire demi-tour pour reprendre mon casque et mon savon. Je déteste vraiment les départs… Cette première journée 100% en Belgique a été vraiment appreciable. Je me suis perdu sur quelques kilomètres mais la voie cyclable longeant des canaux le circuit restair agréable. J’ai vraiment vu des décors très variés pendant cette journée. Pour commencer l’architecture n’avait plus rien à voir avec la France. J’observais maintenant des maisons aux murs de briques à tous les coins de rues. Les rives du canal étaient aussi très différentes suivant les endroits. De la zone industrielle désaffectée, à la ville médiévale, puis à la campagne, il n’y avait que quelques kilomètres. J’ai profité de cette journée assez plate pour donner des nouvelles aux gens autour de moi et ça m’a fait plaisir d’entendre des voix connues, des voix de chez moi. Je suis arrivé assez tard sur Choyet mais le camping était vraiment super avec une petite cascade juste à côté des emplacements pour les tentes.

Direction Paris !

Jour 5 : Marthon – Gouex 122 km

Les risques d’orages qui ne m’inquiétaient pas hier soir se sont avérés être réels. J’ai dû courir sous la pluie entre ma tente et les vestiaires du stade pour éviter d’avoir mes affaires trempées et surtout pour me mettre à l’abri. Le lendemain matin après un rapide petit déjeuner je me lance à nouveau vers l’inconnu. J’ai une petite idée du point de chute mais rien n’est jamais certain. Après un détour par la boulangerie je pars vers le Nord en espérant arriver à hauteur de Poitiers. C’est la première étape vraiment difficile physiquement. Il fait chaud certes mais l’eau ne manque pas. Le problème c’est les montées qui s’enchaînent. J’ai l’impression d’un entraînement en fractionné qui n’en fini plus. Les paysages sont malgré tout superbes et j’arrive tant bien que mal à les apprécier. J’ai adoré traverser la ville de Confolens avec ses vieux ponts de pierre.

Je savais que la route devait ensuite suivre les rives de la Vienne. Je me réjouissais donc à l’avance du terrain plat qui m’attendait. Bien évidemment c’était sans compter sur les reliefs capricieux de Charente et de Vienne qui ne voulaient pas me laisser tranquille… Je suis arrivé tant bien que mal au niveau d’un camping municipal au bord de l’eau où je décidais de passer la nuit.

Jour 6 : Gouex – Montbazon 125 km

Ce matin direction Tours. J’ai essayé de trouver un Couchsurfing pour dormir chez l’habitant mais je n’ai pas reçu de réponses. Je pars quand même en espérant trouver une solution dans la journée. C’est encore une journée de transition. Une grosse partie du trajet se fait sur départementale mais tout se passe très bien. Je n’ai pas grand chose à dire sur la journée en soi étant donné que les paysages traversés n’étaient que des paysages de campagne un peu vallonée. Je me suis arrêté un peu avant Tours dans un super camping.

À nouveau au bord de l’eau comme la veille mais j’avais accès au wifi et j’ai pu faire la rencontre d’Eric un autre cyclotouriste avec qui j’ai partagé quelques expériences. C’était vraiment super enrichissant.

Jour 7 : Montbazon – Chambord 118 km

C’est le jour des résultats du bac. J’en suis au jour 15 quand j’écris ces lignes et c’est encore ma journée préférée d’un point de vue vélo. C’était très plat. J’ai suivi l’itinéraire de la Loire à vélo. Il fallait d’abord traverser la ville de Tours.

Je me suis aussi décidé à faire un détour par Chenonceau, mon château préféré. C’était super agréable, les nombreuses pistes cyclables autour de la Loire permettent d’adapter son itinéraire.

J’ai profité quelques minutes du Château et de la superbe vue puis je suis reparti sur l’itinéraire de la Scandibérique. Un peu plus tard dans la journée j’ai traversé Blois.

J’ai vraiment pris mon temps pour profiter du territoire que je découvrai. C’était vraiment la journée parfaite. Pas spécialement d’effort physique, un peu chaud mais beaucoup d’eau à disposition. Mais malheureusement il n’y a que dans les contes que tout se passe bien à la fin. En arrivant au camping je rencontre les deux personnes âgées très gentilles qui s’en occupent. Elles sont très gentilles jusqu’au moment où je me rends compte qu’il me manque de la monnaie pour payer la totalité de la nuit. Je me fais réprimander parceque « Et oui jeune homme c’est comme ça dans les petits villages il faut du liquide ». Je pensais justement que dans un petit village une nuit de camping ne coûterait pas plus de 10€… Mais bon je ne peux rien y faire il est bientôt 19h et je reprends la route… pour revenir 20min après avoir cherché un endroit où m’installer avec la tente. Ne trouvant pas un tel endroit je me suis installe juste à côté du camping sans monter la tente pour ne pas attirer l’attention.

Énervé par la totale absence de bienveillance des propriétaires j’ai tout de même utilisé douches et sanitaires. Je me suis couché plus tôt que d’habitude, fatigué par l’ascenseur émotionnel de cette journée.

Avec un peu de recul cette expérience était vraiment superbe. C’était ma première vraie nuit à la belle étoile. Et j’ai pris conscience de tout le sens de ce mot en découvrant un ciel scintillant et dénué de toute pollution lumineuse en milieu de nuit. C’était magique.

Jour 8 : Chambord – Cepoy 140 km

Qui dit nuit à la belle étoile dit réveil matinal. Je n’avais pas non plus envie de m’attarder à côté du camping. Première destination : Chambord. Cette matinée commence très bien comme la veille. Je profite d’être arrivé au château assez tôt pour prendre de nombreuses photos.

J’ai encore prévu une journée de transition pour me rendre jusqu’à un camping qui m’a l’air vraiment sympa au nord de Montargis. J’ai fait la plus grosse étape de tout le voyage. 140 km. Et je suis arrivé assez tôt au final malgré les chemins impraticables où me faisait passer le gps. J’ai rencontré des inconnus sur une terrasse de bar qui m’ont pris pour un Compagnon. Ils étaient vraiment chaleureux et ça m’a fait plaisir.

Jour 9 : Cepoy – Paris 110 km

L’arrivée sur Paris en vélo est un cauchemar. Je ne rentrerai pas dans les détails mais disons que j’ai entendu plus de klaxon en 10min là bas qu’en 8 jours de voyage. Tout le monde était pressé et la route totalement impraticable. Mais malgré tout je réalisais en partie ce que je venai d’accomplir. St Geours-Paris en vélo c’est pas rien malgré tout ! Sur les 10 derniers kilomètres un cyclotouriste Parisien qui rentrait chez lui a engagé la discussion. Il m’a aidé à traverser Paris sans difficultés pour me rendre chez mon hôte. C’était vraiment super. Avec la discussion tout est passé très vite. Malgré seulement 110 km de trajet j’étais bien plus fatigué que la veille. Avoir un vrai lit où dormir était tellement appréciable !

Les meilleures rencontres du voyage arrivent dans le prochain article 🙂